Monday, 2 January 2012

The Truman show: qui vous regarde?

      Le monde entier se passionne pour l‘histoire « plus que vraie » de Truman Burbank. De sa naissance à son mariage, en passant par sa première dent ou son premier diplôme, sa vie privée est un divertissement pour plusieurs millions de téléspectateurs.


 Espionné par plus de 5000 cameras, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, Truman mène une vie paisible dans la ville de Seahaven, sans même savoir que son monde a été créé de toute pièce, et que tout autour de lui est faux, du coucher de soleil qu’il admire tous les soirs, aux gens qu’il fréquente chaque jour. 


Le Truman show est le programme de Real TV le plus réaliste jamais imaginé, et le premier à mettre en scène un être humain dans sa vie privée quotidiennement sans que celui-ci le sache, de sa naissance à sa mort, ou peut-être pas...

  Si vous êtes las des sempiternelles grimaces et blagues de notre très cher Jim Carrey, ce film est le meilleur moyen de changer d’avis. Il montre ici une autre facette de son jeu, plus dramatique, profonde et touchante. Interprétant un personnage en proie au doute, persuadé que sa vie n’est pas ce qu’elle semble être, mais incapable de vraiment identifier la supercherie, malgré les preuves qui s’accumulent, il offre un impressionnant travail d’acteur, marqué par un mélange de différentes émotions : désespoir, suspicion, doutes, tristesse, envie d’aventure, et parfois agressivité. Seul un grand acteur était capable d’exprimer avec tant d’intensité une si large palette de sentiments.
  Mais si Jim Carrey surprend, Ed Harris, dans le rôle d’un ambitieux et obsessionnel producteur de programmes de Real TV, démontre son talent pour interpréter des personnages complexes et torturés. 


Nous sommes las de regarder des acteurs nous transmettre des émotions bidons. Nous sommes fatigués des effets pyrotechniques et  des effets spéciaux. Alors que le monde dans lequel il habite est, en quelque sorte, contrefait, il n’y a rien de faux chez Truman. Pas de script, pas de fausses cartes, ce n’est pas toujours du Shakespeare, mais c’est génial, c’est la vie” 


Christof, créateur et réalisateur du programme, demeure un personnage phare. En profitant de l’incroyable tendance que représente la Real TV, il a imaginé ce projet fou de A à Z. En un sens vraiment attaché à Truman, qu’il a vu grandir comme un père, mais également cruel et intransigeant, il est ce genre de personnages que l’on ne sait s’ils doivent être pris  en pitié ou haïs.

Sunday, 1 January 2012

Incognito, Bees+things+flowers

  
   Depuis ses débuts en 1981, le groupe de jazz anglais Incognito offre à son public des chansons sensuelles, nostalgiques, douces ou entraînantes. Si leur style est assez diversifié, et parfois inclassable, la qualité des chanteurs et musiciens, leur longue expérience de la scène et leur volonté flagrante de partager de bonnes vibrations avec le public, ont permis au groupe de laisser une empreinte inoubliable sur la scène “acid jazz.

  Certaines chansons sont lentes mais intenses, certains rythmes doux mais impressionnants. Les paroles laissent le public rêver et succomber à la douce tentation de la nostalgie et de la mélancolie. Mais loin d'être triste ou déprimant, l’album alterne doux  moments d’apaisement  et morceaux de pure énergie et d’exaltation.

  Les interprètes mélangent parfaitement ces deux genres avec malice et complicité. Ce mix et la qualité de la majorité des chansons de l’album en font l’un des plus achevés du groupe.

Wednesday, 27 July 2011

Yu ming is ainm dom: langage et incompréhension

  « Yu ming is ainm dom » est un court-métrage mettant en scène un  jeune chinois désabusé animé par la seule volonté de vivre en Irlande, dans le but de rendre sa vie plus excitante. Un agréable moment de quiproquos et de compassion. Même si certaines scènes de solitude et de désespoir peuvent donner au film un coté dramatique, d’autres demeurent hilarantes et attendrissantes. L’acteur principal, Daniel Wu, naturel et touchant, permet  un subtil équilibre entre drame et comédie.

  Le rythme est rapide et intense et le réalisateur, Daniel O’hara, évite les trop longues scènes, ennuyeuses et silencieuses, et donne une réelle dynamique à son histoire. Il respecte un ordre logique et malin: la désillusion du personnage, sa réelle envie de bouger et découvrir le monde, son arrivée en Irlande, plein d’espoirs et d’attentes, et finalement sa déception face aux  incompréhensions auxquelles il fait face.

  Le personnage principal, Yu ming, est un tendre mélange d’espoir et de naïveté, de volonté et de fragilité. Persuadé qu’il peut s’installer en Irlande s’il travaille et apprend assidûment, il est un modèle de courage et de détermination. Il incarne le fantasme que l’ouest représente dans l’esprit de beaucoup d’orientaux, et les difficultés que les nouveaux arrivants dans un pays peuvent rencontrer pour s’intégrer.


Monday, 27 June 2011

Pride and Prejudice: un chef-d'oeuvre

  Inspiré par le célèbre roman, écrit en 1813 par Jane Austen, le film “Pride and Prejudice” est un doux moment d’esthétique, de poésie et de passion, dessiné dans un contexte historique marqué par la période prévictorienne. 


S’il est largement basé sur une histoire d’amour entre deux personnages appartenant à des milieux sociaux différents, c’est aussi une peinture décrivant  la condition de la femme et ses obligations au 19ème siècle.
 
  Le réalisateur, Joe Wright, offre ici une œuvre magnifique, avec des scènes particulièrement artistiques, filmées dans les fameux paysages de la vieille Angleterre. Le romantisme de ce film transparaît aussi bien dans les dialogues que dans la mise en scène, ainsi que dans les lieux et la qualité de prises de vue.
  Si certains observateurs n’y verront qu’une sempiternelle romance à l’eau de rose pour jeunes adolescentes naïves, d’autres spectateurs plus aguerris apprécieront la complexité des sentiments et de la personnalité des deux personnages, la réflexion à propos des préjugés, la description de la condition féminine de l’époque, et la peinture  de cette famille touchante et désespérée, déchirée entre la volonté de voir ses filles heureuses et l’obligation de leur organiser des mariages financièrement avantageux.
  Les acteurs donnent au film une dimension plus profonde, et expriment parfaitement les émotions de leurs personnages. Dans le rôle d'Elizabeth Bennet, la fille rebelle, ouverte d’esprit, curieuse et libre, Keira Knightley montre une nouvelle fois son talent  d’actrice. 


Délicate mais têtue, sensible mais forte, elle réussit parfaitement à exprimer la complexité de son personnage, son désespoir de voir sa mère obsédée par l’idée de marier  ses sœurs à un homme riche, et ses déceptions à propos de Darcy.
  Le couple Keira Knightley  /Matthew Macfadyen est un plaisant mélange d’incompréhensions et d’attirance.