Thursday, 10 March 2011

Le dernier samouraï: l'honneur oublié

   Certaines nations peuvent changer leur destinée, mais certains hommes dédient leur vie à accomplir celle de leur peuple.
  Nathan Algren (Tom Cruise) est un capitaine de l’armée américaine reconnu pour ses faits d’armes contre les indiens d’Amérique, dans les années 1870. Désabusé et traumatisé par ses souvenirs, il noie son désespoir dans l’alcool et mène une existence pathétique et solitaire


Alors quand on lui propose d’aider à réprimer une rébellion au Japon, il accepte sans grande conviction, plus attiré par l’appât du gain que par l’honneur de servir l’empereur.
  Dans un Japon tiraillé entre tentation moderniste et persistance des traditions, le capitaine doit former et diriger une armée de jeunes soldats inexpérimentés, loin d’être prêts à mener une guerre. A la suite d’une bataille, il est capturé et retenu en otage par ceux qu’il doit combattre: les samouraïs, ex-alliés de l’empereur dévoués corps et âme à le servir.


 La confusion est totale, qui est réellement l’ennemi ? Qui est ce peuple, qu’il croyait sauvage et hostile ? Et ce leader, charismatique et énigmatique nommé Katsumoto (l’éblouissant  Ken Watanabe)?


  Cette histoire est avant tout la croisée de deux destinées: le capitaine Algren, désabusé, ayant perdu toute foi et tout idéal, rencontre Katsumoto, chef brave et fier, abreuvé de spiritualité, et qui pourrait mourir pour la cause qu’il défend. Tout les oppose a priori, mais ils apprennent l’un de l’autre et un sentiment de fraternité les rapprochera bientôt.

  A travers la peinture de ce peuple fortement attaché à la tradition japonaise ancienne, Edward Zwick (le réalisateur) fait l’éloge du don de soi, de la loyauté, de l’effort, de la discipline et du devoir. C’est ici un Japon comme on aime le rêver : valeureux et spirituel, nourri de plusieurs millénaires d’Histoire et de traditions.


Mais la réalité est toute autre et l’empereur, jeune, hésitant et naïf est un symbole, celui de cette question récurrente dans nos sociétés : la course à la modernité impose-t-elle de renier ses racines et ses traditions ? Il n‘est pas ici question de critiquer le moderne, mais bien d’en explorer un des aspects les plus sombres. Entre tensions internes et pressions internationales, la tâche du jeune leader demeure délicate.
  Plus qu’un film de guerre, le dernier samouraï est d’abord une réflexion sur le destin, la spiritualité et le sacrifice. Le spectateur évolue avec Tom Cruise et découvre avec lui ce village et sa culture. A travers certaines personnalités, difficiles à cerner, Zwick nous expose la complexité de ce peuple, discret, fier et tenace


De la veuve hostile et digne, en passant par l’enfant méfiant mais curieux, au vieillard silencieux mais toujours présent ou au guerrier agressif et menaçant, chaque personnage donne un peu plus de saveur à cette œuvre.
  Les scènes épiques, les paysages somptueux, les dialogues pointus et l’exaltation de certains sentiments vous feront pousser des envies d’absolu et de nobles causes à défendre corps et âme. La musique poignante achèvera de vous transformer en véritable « soldat des causes perdues » ! 


Mais hélas, il est bien loin le temps du Japon ancien. Et il est grand temps de revenir à notre époque, notre train-train quotidien. Mais ce bref instant de bravoure (2h24 min tout de même) méritait bien un moment de songes et de rêveries ! Merci Mr Marshall Herskovitz (auteur et producteur) pour ce doux rappel aux valeurs d’un autre temps !

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